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June, 19 2010
Dimitri de Kochko Le président a annoncé des mesures concrètes en faveur de l’investissement en inaugurant le XIV ème forum économique de Saint-Pétersbourg le 18 juin dernier, afin de convaincre que la bataille pour la modernisation de l’économie russe qu’il a lancée il y a un an ne relève pas de la rhétorique et qu’il est déterminé à gagner
L’appel du 18 juin de Medvedev (+Audio)
![]() Le président russe Dmitri Medvedev lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg. Crédits photo : Oleg Prasolov Cette « bataille » est une urgence et de son succès dépend la place de la Russie, empêtrée dans un modèle économique prisonnier de la rente des matières premières, dans l’économie globalisée. Elle doit aujourd’hui développer l’innovation en matière d’efficacité énergétique, de conquête du cosmos, de développement du nucléaire, de la médecine et des sciences de la communication, a scandé le président en énumérant ces points sur ses doigts.
M. Medvedev a reconnu qu’"Il faut du temps pour changer (l’économie du pays NDLR), mais nous le ferons", a-t-il dit en ne craignant pas d’affirmer que "La Russie doit devenir un pays qui attire des gens du monde entier désireux de réaliser leurs rêves", ce qui pour lui est "réaliste et possible à atteindre". Pour réussir cette modernisation, le président a reconnu qu'il fallait résoudre le problème de l’investissement direct et productif, traditionnellement trop faible en Russie, et attirer davantage de capitaux de l'étranger : "il est évident que les investissements directs sont un des principaux facteurs de développement, d'innovation et de modernisation réussie. » « La Russie a besoin d'un véritable boom des investissements », a-t-il dit presque en exergue de son discours. « Pour cela il faut créer des conditions telles que les investisseurs se sentent bien. On a déjà essayé ça dans le passé, ça n’a sans doute pas toujours été un succès mais aujourd’hui, nous plaçons cet objectif au centre de notre action », a-t-il affirmé avec force. Et d’annoncer une série de mesures concrètes pour que l’investisseur russe et étranger se sente « en confort » pour reprendre la formule présidentielle. Le président a d’abord rappelé les mesures juridiques récentes qu’il a fait introduire et les limitations qu’il a imposées aux organes de contrôle et de répression en matière d’enquêtes et de possibilités d’arrestations de personnes pour des délits liés à l’activité économique. Pour tout investisseur russe et étranger initié, c’est là un engagement proclamé contre certains arbitraires bureaucratiques et la corruption des administrations qui sont un véritable obstacle à l’investissement.
Certains y verront aussi une allusion à l’affaire Khodorkovsky, ancien dirigeant de la compagnie pétrolière Yukos, actuellement emprisonné après avoir été condamné pour des détournements d’argent et de la fraude fiscale. Pour enfoncer le clou, le président a reconnu que « ça ne résoudrait pas tous les problèmes » mais il s’est engagé à « proposer » les mesures supplémentaires nécessaires en matière de droit pénal et civil. Il a aussi dévoilé toute une partie fiscale incitative, notamment pour les hommes d'affaires étrangers : - La suppression à partir de 2011 des taxes sur les investissements directs réalisés à long terme dans le cadre d’augmentations ou d’ouverture de capital. - Les possibilités plus larges depuis le 1er janvier dernier d’être dispensé des impôts sur les dividendes. - La création d’un centre des Innovations à Skolkovo visant à une meilleure coopération entre les agents économiques, notamment le business, l’Etat et les scientifiques. - Le programme de simplification du régime des visas de travail pour les étrangers hautement qualifiés et les investisseurs. Lors du récent sommet Russie-UE à Rostov sur le Don, la Russie a proposé à l’Union européenne d’étudier la possibilité de supprimer les visas. - L’affirmation d’une politique de libre concurrence « honnête » dans le pays et dans les échanges internationaux tout en créant des Fonds d’Etat qui pourraient participer comme minoritaires aux investissements stratégiques. - Le rappel de la disponibilité russe à adhérer à l’OCDE et à l’OMC. Le président a tenu a souligner que son appel aux investisseurs et les mesures concrètes qu’il annonçait se placent dans un climat macro-économique favorable. Réaffirmant que la Russie est en train de sortir de la crise, qu’elle a subi particulièrement fort en raison précisément de sa dépendance des matières premières et surtout des hydrocarbures. "Notre économie se rétablit", a-t-il dit, annonçant que le pays avait connu sur les cinq premiers mois de 2010 une croissance d'environ 4% du PIB, ce qui sans impressionner les Chinois ne peut manquer de faire pâlir d’envie les habitants et entrepreneurs de l’Union européenne et de la zone euro. M. Medvedev a rappelé à ce propos que l'économie russe ne connaissait pas la crise de la dette qui a touché la zone euro. "Nous n'avons pas de problème avec notre dette souveraine, elle est minimale", a-t-il lancé à l’attention des agences de notations internationales, soulignant que le déficit budgétaire du pays parvenait à se maintenir dans des limites raisonnables. Cet appel que la hasard du calendrier a placé au 18 juin a résonné comme un credo présidentiel en l’avenir d’une Russie à la pointe des innovations, moderne et productive et non simplement rentière des matières premières de son sous-sol, où il ferait bon vivre dans un climat de prospérité et de sécurité juridique et citoyenne. Ecoutez l'extrait audio de l'émission Réflexions en marge par Boris Toumanov sur la radio La Voix de la Russie : Note actuelle : 0 (0 voix)
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