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Sa défense du libéralisme économique combinée avec une grande rigueur budgétaire ont fait de l’indéboulonnable Alexeï Koudrine le souffre-douleur du gouvernement
Le ministre des Finances seul contre tous

Alexeï Koudrine (au centre) a déclenché une polémique
en proposant de relever l’âge de la retraite. Crédits photo : RIA Novosti
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Sa proposition, faite à la mi-juillet, de relever l’âge de la retraite pour combler le déficit de la caisse des pensions, a provoqué la colère et les insultes de la part de l’opposition comme de la majorité. Quelques députés de la Douma ont même promis de lui « arracher la tête », après sa proposition, devant la Chambre basse du Parlement, de garder le contrôle sur les dépenses de l’ État pour réduire le déficit budgétaire à moins de 3% du produit intérieur brut d’ici à 2013.

Depuis près d’une dizaine d’années, Alexeï Koudrine, ministre des Finances, se bat, parfois tout seul, pour le libéralisme économique, en prônant la prudence budgétaire. Sa position s’est avérée judicieuse, car la somme de 600 milliards de dollars qu’il a réussie à maintenir dans la réserve fédérale lui a permis de sauver l’économie russe de l’effondrement l’année dernière. Mais il lui reste encore moult batailles à mener.

Koudrine insiste sur le fait que, pour avoir des effets à long terme, la grande mission de modernisation de la Russie doit être soutenue par l’investissement privé. « Si nous soutenons la demande avec des plans de relance considérables, cela ne pourra soutenir la croissance qu’à court terme Et au bout de deux ou trois ans, cette politique va a au contraire ralentir la croissance économique », a déclaré le ministre à l’agence Reuters. « Cela va provoquer de l’inflation, l’augmentation du taux de change, celle des emprunts de l’État et donc une réduction des prêts aux entreprises. Il nous faut de la sorte réduire le déficit au cours des prochaines années ».

Le mois dernier, la prudence de Koudrine était déjà critiquée par les dirigeants politiques. Le Premier ministre Vladimir Poutine a annoncé que le budget national serait basé sur le prix du baril de pétrole, qui s’élèverait à 75 dollars, suggérant ainsi que les retraites et les salaires allaient augmenter dans un avenir proche.

La Russie connaît actuellement une reprise économique stable, mais sa croissance reste cependant assez timide. Et avec le prix du pétrole qui se maintient à plus de 70 dollars par baril, il y aurait une tentation d’augmenter les dépenses, surtout que les élections à la Douma (2011), et à la présidence (2012) approchent.

Miser sur 75 dollars par baril de pétrole irait à l’encontre des prévisions très prudentes observées ces dernières années. N’ayant pas réussi à convaincre les députés, Koudrine a donc fait une dernière offre pour décourager les attentes le mois dernier, en tentant de fixer la limite à 70 dollars par baril. Mais cela n’a pas marché non plus.

Malgré tout, le ministre continue son combat. Il a à nouveau averti, la semaine dernière, que les réserves du gouvernement seraient réduites à zéro par le déficit d’ici à la fin de l’année. C’est pourquoi le pays a besoin d’agir d’une façon significative sur le niveau de la dette pour couvrir les déficits au cours des prochaines années.

Avec un déficit égal à 5,4% du PIB cette année, le gouvernement prévoit de retirer 1.4 trillions de roubles (soit 45 milliards de dollars) du fonds de réserve et d’emprunter 1,1 trillion de roubles pour le couvrir.

Ce fonds représentant près de 40 milliards de dollars à la fin juin, la Russie aura donc besoin d’emprunter pour financer son déficit au cours des trois années à venir, avec pour objectif de ramener le déficit à 2,9% du PIB d’ici à 2013.

Koudrine a averti que cela va représenter plus du double du coût la dette de l’État, à savoir 19 milliards de dollars d’ici à 2012. « À partir de l’année prochaine, c’est uniquement en empruntant qu’on pourra pour couvrir le déficit », a affirmé le ministre des Finances à la Chambre basse. « Le coût de la dette passera de 280 milliards de roubles cette année à 587 milliards de roubles en 2012, même si nous réduisons le déficit à 2% d’ici à 2013 ».

Le dirigeant du Parti communiste Guennadi Ziouganov a fait part de ses objections populistes habituelles. Il a accusé Koudrine de saboter le programme de modernisation du Président Dmitri Medvedev. En soulignant que c’est aux dépenses publiques de définir la voie à choisir, Ziouganov a déclaré qu’« à la place du président, je lui aurais arraché les oreilles et la tête ».




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